L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Quebec My Country Mon Pays

Novembre 2017 » Culture » Par Félix-Antoine Tremblay, étudiant de génie de la construction, rédacteur en chef, L’Heuristique

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Quebec My Country Mon Pays
Photo pour distribution médiatique

Le documentaire Quebec My Country Mon Pays était présenté dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) 2016.

Une minorité dans une minorité, c’est la situation des anglophones au Québec. Le réalisateur John Walker raconte, dans son documentaire Quebec My Country Mon Pays, une histoire qu’il a lui-même vécue. En effet, suite à la montée de l’indépendantisme dans les années 60 et 70, sa famille a quitté le Québec. Son documentaire présente les défis que doivent surmonter les anglophones au Québec, comme la difficulté de trouver un emploi sans parler français et la peur de voir leur culture disparaître.

Quebec My Country Mon Pays présente une facette méconnue de la situation de ces anglophones. Le documentaire alterne entre les images d’archives et les témoignages de ceux et celles qui ont vécu ces événements. L’œuvre laisse entendre que, malgré l’histoire de ces deux peuples historiquement opposés par la guerre et les relations de domination, les francophones et les anglophones du Québec se ressemblent à de nombreux égards. En effet, parler anglais ne fait pas de ces québécoi(se)s des individus plus similaires aux habitant(e)s de Toronto, de la Colombie-Britannique ou du Texas, que du reste du Québec.

Le documentaire explore les événements d’octobre 1970 qui ont apeuré la communauté anglophone. À l’époque, des centaines de milliers d’entre eux et elles avaient quitté le Québec. La plupart ne sont jamais revenues. Le documentaire expose bien le schisme générationnel entre ceux et celles qui ont vécu ces événements et les jeunes, qui n’ont pas subi les ces tensions sociales, économiques, culturelles et familiales. Dans ces deux solitudes, on observe aussi une division entre Montréal et les régions, où la vie des anglophones est plus difficile.

Lors de la période de questions ayant suivi la projection, face à un public très divisé entre francophones et anglophones, le réalisateur a cherché à minimiser la portée de son œuvre. John Walker a soutenu que le documentaire ne représentait qu’un seul portrait parmi tant d’autres et a semblé réticent à aborder les enjeux politiques sous-jacents à son œuvre.

Le documentaire fait d’ailleurs complètement abstraction de la situation des francophones. C’est un problème récurrent de l’œuvre, bien que la presque totalité des situations présentées ait été vécue aussi par les francophones à l’intérieur du Canada, un pays à majorité anglophone.

En somme, Quebec My Country Mon Pays offre un point de vue valable qui mérite d’être porté à l’écran, mais faute de considérer certains enjeux importants, on quitte la salle avec un sentiment de déception. La bande-annonce du documentaire est disponible à l’adresse vimeo.com/182087241.

 

 
Quebec My Country Mon Pays
Photo pour distribution médiatique