L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Francouvertes

Mars 2016 » Culture » Par Anne-Sophie Lachapelle, étudiante de génie de la construction, collaboratrice culturelle, L'Heuristique

Image pour Francouvertes
 
Soirée du 22 février - Guillaume Mansour Expérience
Photo par Jean-François Leblanc

Lundi 8 février 2016

J’ai connu les Francouvertes, un concours-vitrine pour le meilleur de la musique émergente francophone au Canada, suite à la performance de Dead Obies en finale du concours, en 2013. J’étais déjà fan du collectif post-rap, mais leur nomination en finale du concours avait fait couler beaucoup d’encre due à leur franglais plutôt caractériel. C’est finalement les Hay Babies, un trio folk du Nouveau-Brunswick, qui l’ont remporté cette année-là.

L’Heurisitque couvrira la vingtième édition des Francouvertes, du lancement à la finale, c’est-à-dire de février à mai 2016. Le festival a réellement gagné en notoriété depuis sa naissance en 1995. Malgré la démocratisation et la facilitation du partage de la musique grâce à l’ère numérique, le concours s’est taillé une place comme véritable outil pour les jeunes artistes voulant se faire connaître.

La particularité des Francouvertes se trouve au niveau du jury, lequel est composé de musiciens et musiciennes accomplis et de membres notoires de l’industrie, en plus de donner une place considérable à l’opinion du public dans la sélection des gagnants et des gagnantes. Par le passé, les Francouvertes nous ont fait découvrir des artistes tels que Loco Locass, Karkwa, Les Cowboys Fringants, Alex Nevsky, Bernard Adamus, Karim Ouellet, Les sœurs Boulay, Dead Obies, Philippe Brach, et plus encore.

L’avantage de suivre un concours comme celui-ci, c’est le travail de sélection. Pour ma part, je suis reconnaissante envers les juges d‘avoir fait parvenir à mes oreilles d’aussi bons groupes. Annuellement, plus de 200 groupes et artistes font parvenir leur candidature. De ces 200, ce sont les 21 meilleurs qui monteront sur scène. La beauté des musiciens et musiciennes en début de carrière, c’est leur authenticité, que j’apprécie particulièrement.

Vincent Peak et Koriass

Le succès des Francouvertes est dû, entre autres, à la directrice Sylvie Courtemanche qui est à la barre du concours depuis 1995, mais aussi à ses porte-paroles. Cette année, ces porte-paroles sont : Koriass, grande figure du rap québécois, et Vincent Peak, à qui on doit Grimskunk et Groovy Aardvark.

J’ai rencontré les deux porte-parole lors de la soirée de lancement. Et quand je leur ai demandé ce qui les a menés à accepter le rôle de porte-parole de l’événement, la réponse ne s’est pas fait attendre. Il va de soi de supporter l’initiative « Francouvertes », ne serait-ce que pour le véhicule culturel qu’elle représente. Les deux hommes ont beau venir de milieux opposés, ils sont quand même deux artistes qui se rejoignent et qui rejoignent aisément l’univers des Francouvertes. Vincent Peak s’est déjà retrouvé parmi les juges, ce n’est donc pas une première pour lui. Pour Koriass, c’est un premier contact avec le concours.

Les spectacles

Chaque lundi, trois des 21 artistes et groupes qualifiés monteront sur scène pour se voir octroyer un pointage sur leur performance par le jury et une note par le public. De ce palmarès, les neuf premiers accéderont aux demi-finales.

Première soirée

Lors du premier spectacle, le 15 février, c’est Nicolet[1] qui a capté le plus mon attention. Nicolet est le projet solo d’un multi-instrumentiste qui joue un folk créatif à peine électronique. Son plus grand avantage dans ce concours hivernal, ce sont les tonalités presque hawaiiennes de sa musique. La musique de Nicolet a des sonorités très particulières, quoique très accessibles, et vaporeuses.

Après la première soirée des Francouvertes, c’est ce groupe qui occupait la première place du classement, suivi par Vincent Appelby et sa présence scénique, puis par Éric Charland et sa musique simple et accessible.

Deuxième soirée

Miss Sassoeur et Les Sassys (Rose Royce, Féline Dion et Tiny Turner) sont un véritable coup de coeur pour moi. Avec une ambiance souvent qualifiée de « gospel de ruelle » et un style qu’eux même qualifient de « post-motown », j’ai tellement de plaisir à les écouter. Sur leurs pièces, on retrouve une soliste et pianiste comme seule musicienne accompagnée d’un choeur. La voie principale est grinçante, remplie de soul, de mystère et de chaleur. Malheureusement, leur performance ne leur a valu d’occuper que la troisième marche du podium pour l’instant.

Ce soir-là, Guillaume Mansour a également foulé les planches du Lion D’or. J’ai un penchant pour le personnage qu’est Guillaume Mansour. Mais c’est Sarahmée, que je connais pour ses collaborations avec Karim Ouellet, qui a impressionné le plus les juges. Ses textes, me rappelant Dubmatique en 2002, ont été éclipsés par son aisance sur scène. C’est maintenant cette rappeuse d’origine sénégalaise qui est en tête du classement du concours.

Troisième spectacle

Le 29 février se tient la troisième soirée du concours-vitrine des Francouvertes. On pourra voir Mclean, un artiste de pop alternative issu de l’Ontario, Édwar 7 : un quatuor pop-rock oscillant entre Kain et Coldplay de 2010 et finalement, Les Passagers. Mes favoris sont Les Passagers, avec leur pop-folk douce et évocatrice.

[1] Nicolet : nicoletmusique.bandcamp.com

 
Soirée du 15 février - Vincent Appelby
Photo par Jean-François Leblanc
 
Soirée du 22 février - Saramhée
Photo par Jean-François Leblanc
 
Soirée du 22 février - Miss Sassoeur et les Sassys
Photo par Jean-François Leblanc
 
Soirée du 15 février - Nicolet
Photo par Jean-François Leblanc
 
Soirée du 15 février - Éric Charland
Photo par Jean-François Leblanc
 
20e édition
Photo par Jean-François Leblanc