L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Ça passe ou ça casse

Mars 2016 » Élections » Par Félix-Antoine Tremblay, étudiant de génie de la construction, rédacteur en chef, L’Heuristique

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Make ÉTS great again!
Image par Francis Larocque

Il arrive un moment dans l’histoire d’une organisation où elle doit questionner sa propre existence. L’Association étudiante de l’ÉTS (AÉÉTS) en est là. L’insatisfaction à son égard est très forte depuis plusieurs années, celle-ci étant désormais victime de désaffiliations récurrentes; ses finances sont hors de contrôle, elle qui se dirige vers un nouveau surplus budgétaire de plus de 200 000 $; son utilité est grandement remise en question par son inaction sur de nombreux dossiers concernant la vie étudiante; et Mathieu Drolet se présente désormais à sa présidence.

Un bilan éloquent

Les réalisations de Mathieu Drolet en quatre mandats à l’AÉÉTS sont rares. Parmi celles-ci, peu d’entre elles sont positives, notamment lorsqu’on pense aux finances de l’Association. En effet, sous sa gestion, l’AÉÉTS, un organisme à but non lucratif (OBNL), a accumulé plus d’un million de dollars en surplus budgétaires, soit l’ensemble des cotisations étudiantes qu’elle a reçues pour deux de ces quatre années. Lorsque Mathieu Drolet répète ad nauseam avoir un impact positif pour les clubs étudiants, il omet de rappeler qu’il a généré quatre fois plus de surplus qu’il a donné d’argent à ces derniers.

Lorsque Mathieu Drolet parle d’immobilisme, il oublie de dire qu’il s’est opposé à presque toutes les réformes ayant été proposées à l’Association durant ses mandats, notamment en ce qui a trait aux finances. Par exemple, il a laissé ses imposants surplus dans un compte chèque pendant plus de deux ans, plutôt que dans un compte à intérêts, et ce, malgré les demandes de nombreux administrateurs et administratrices. Son inaction dans ce dossier a coûté à l’Association plusieurs dizaines de milliers de dollars en intérêts potentiels. Il a également refusé l’ensemble des réformes visant à apporter plus de transparence dans les finances de l’AÉÉTS. Pour ce faire, il a systématiquement utilisé des arguments de peur, notamment quant à la sécurité des informations de l’Association. C’est pourtant lui qui est responsable du partage accidentel du montant des commandites reçues par l’AÉÉTS dans un courriel daté du 29 octobre 2015 et envoyé à l’ensemble des membres.

Mathieu Drolet n’a surtout aucune idée tangible pour l’Association. Son slogan, à l’instar du candidat républicain Donald Trump, devrait être « Make ÉTS great again », avec toute l’insignifiance que cela représente. La pierre angulaire de sa campagne est de détruire les règlements qui l’ont empêché et qui continueront à l’empêcher de faire comme bon lui semble. Considérant que les nombreux gestes inconsidérés qu’il a posés dans ses précédents mandats ont mené à deux reprises le conseil exécutif (CE) à le contraindre à démissionner, un cadre réglementaire plus flexible ne saurait que mettre à risque l’Association. Son manque de vision à l’aube des élections est d’autant plus inquiétant qu’au cours de ses quatre précédents mandats, il n’a jamais su se poser en meneur, au contraire.

Bref, l’élection de Mathieu Drolet à la présidence de l’AÉÉTS signerait probablement la fin de l’existence de cette dernière.

Une dernière chance

En réponse à la menace que représente Mathieu Drolet pour les membres de l’AÉÉTS, une équipe a été formée en vue des élections hivernales. Cette équipe propose une option à presque l’ensemble des postes de l’Association afin de représenter la majorité du conseil d’administration (CA) de l’Association. Leur mission est claire : changer drastiquement la culture associative à l’ÉTS.

Il y a à peine quelques années, l’AÉÉTS représentait moins de 5 000 membres. Aujourd’hui, ce nombre s’approche de 10 000. Cette augmentation drastique a montré les limites de l’organisation fondée en 1975. Une fois élues et élus, les nouveaux administrateurs et administratrices travailleront de concert afin de mettre sur pieds des associations départementales, lesquelles auront pour but de gérer les dossiers touchant les membres de chaque département de l’ÉTS, tant au niveau social qu’académique. L’AÉÉTS serait ensuite transformée en association de campus, représentant l’ensemble des étudiantes et étudiants pour les dossiers communs. La structure de la nouvelle association de campus serait grandement réduite afin de refléter sa nouvelle mission. Chaque association départementale y serait représentée, à l’image de la structure associative des autres universités.

Après 40 ans, l’AÉÉTS est au bord du gouffre. Continuer dans la direction actuelle n’est plus une option et élire Mathieu Drolet ne fera qu’accélérer la destruction de l’Association. Les tentatives des dernières années ont échoué, battues systématiquement par un CA immobiliste. Pour préserver l’existence de l’AÉÉTS, il faut se donner une dernière chance de la réformer.