L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Les promesses réalisées de Philippe Brach

Janvier 2016 » Culture » Par Anne-Sophie Lachapelle, étudiante de génie de la construction, collaboratrice culturelle, L’Heuristique

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Spectacle de Philippe Brach au National
Anne-Sophie Lachapelle, photo utilisée avec permission

Philippe Brach est un artiste québécois que j'ai connu dans un coin de l'Internet plus ou  moins fréquentable. Il est reconnu comme un artiste évoquant des images singulières par ses paroles, mais le vidéoclip de « Crystel » tiré de son dernier album, vaut le détour. Personnellement, je suis facilement séduite par les artistes intégraux, qui combinent images, sons et personnalité pour offrir à l'auditoire un produit complet.

C'est le 26 novembre dernier que j'ai été confronté à la marquise du National portant une inscription méritant mention : « Brach vous dit bisous bisous ». Là était la première marque de la singularité de cet artiste originaire du Saguenay, Philippe Brach.

J'ai assisté à la rentrée montréalaise de l'auteur, compositeur et interprète de l'album Portrait de famine, révélation de l'année au dernier gala de l'ADISQ. Philippe Brach est apparu sur scène masqué, accueilli par un nombre record de spectateurs et spectatrices. Le décor n'inspirait rien tant qu'on ne connaît pas le « perso » Phil Brach. On se demande le lien entre les carcasses d'animaux et son folk évocateur.

Le succès de son plus récent album ne l'a pas empêché de reprendre des pièces de son opus précédent La foire et l'ordre, notamment son titre C'est tout oublié, en nomination pour meilleur vidéo de l'année au Gala alternatif de la musique indépendante (GAMIQ). Il est même allé jusqu'à reprendre le succès de Radiohead, Paranoid Android. Probablement le meilleur cover que j'aie vu en direct. J'ai définitivement hâte au spectacle « Phil Brach : Hommage à Radiohead ».

Sur scène, le public a eu droit à un humain, nu bas, complètement dépeigné, vêtu d'un t-shirt du Tim Hortons. La première partie du spectacle était chargée des mélodies vaporeuses que l'on connaît de Philippe Brach, mais aussi de toutes les saveurs qu'il donne à sa musique. Se sont enchaînées deux heures de la poésie crue de Brach.

Dans la deuxième partie du spectacle, il a particulièrement oscillé entre les rythmes lents et ses autres chansons que j’aime appeler « les fâchées ». Peut-être n’est-ce que ma passion pour cet artiste accompli, mais le set list de cette soirée nous a fait passé, moi et l’auditoire, à travers une grande gamme d’émotions. Il a clos la soirée avec un cours rappel de deux chansons. L’amusante Gaston et sa chanson qui frappe le plus fort : D'amour, de booze, de pot pis de topes, comme son nom l’indique.

Sa musique en est une de chair et d'os, emplie de vérité, au travers de laquelle on se reconnaît aisément : glauque dans un folk parfois country, parfois grunge. J'adore faire l'exercice d'essayer de deviner de quoi parlent ses chansons. Famille, amitié, amour, maladie, boisson ornent une musicalité surprenante. Philippe Brach pèse ses mots, et ses notes, dans son écriture. En entrevue, il n'est pas rare de l'entendre parler du choix des syllabes.

La première fois qu’on a pu entendre Brach, c’était aux auditions de Star Académie en 2009. Heureusement pour la Musique, il a refusé de signer le contrat avec Production J. Pour ma part, la dernière fois que j’ai vu Phil Brach, c’était lors de sa rentrée montréalaise avec ses 20 chansons originales, son quatuor à corde, sa belle âme et un auditoire saisi.

 
Spectacle de Philippe Brach au National
Anne-Sophie Lachapelle, photo utilisée avec permission
 
Spectacle de Philippe Brach au National
Anne-Sophie Lachapelle, photo utilisée avec permission