L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Revue du Festival Burlesque de Montréal

Novembre 2015 » Culture » Par Félix-Antoine Tremblay, étudiant de génie de la construction, non membre de l’AÉÉTS

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Scarlett James lors du spectacle de clôture de la cinquième édition du Festival Burlesque de Montréal
Photo par Timothy Neesam

Du 15 au 18 octobre dernier avait lieu la septième édition du Festival Burlesque de Montréal, au Club Soda. Pour cette édition chanceuse, trois spectacles étaient offerts en soirée, suivis d’un brunch pour clôturer l’événement. Le premier soir était tenue la soirée Médias & VIP, dont l’animation était assurée par la magnifique drag queen Billy L'Amour.

La soirée a débuté par un défilé de mode mettant en scène des mannequins de tailles variées, suivi d’un spectacle d’environ une heure, entrecoupé par un intermède de danse swing où le public était invité à participer. Tout au long de la soirée, la musique était assurée par deux groupes montréalais, soit Eric Sandmark & His Rumblers et Speakeasy Electro Swing, respectivement des groupes de style rockabilly et electro swing. Malgré leur rôle de second plan, à plusieurs reprises, les deux groupes ont su montrer leur talent. Speakeasy Electro Swing jouait d’ailleurs pour le bal de fin de soirée.

En cette première soirée du festival avaient lieu les prestations flamboyantes de la fondatrice du festival, Scarlett James; du trio Femmes rebelles; du quintette Fam Cabaret; du collectif The Pink Chardonnays; ainsi que des artistes Ivory Fox, Nina Feather, Raquel Reed, Albadoro Gala, Randi Rouge, Sugar Vixen et Audrey Ivory. Leurs performances étaient à la hauteur de l’événement et toutes d’un style unique et mettant en valeur de nombreux accessoires : décors, plumes, brillants, costumes, etc.

Ce spectacle, plus court que ceux du vendredi et du samedi, était séparé en deux parties distinctes, ce qui a poussé, faute d’indications claires à cet effet, une partie non négligeable de l’assistance à quitter la salle. Hormis ce faux pas, l’animation était à la hauteur et assurait des transitions harmonieuses. Billy L'Amour a même offert une impressionnante performance de chant, elle qui tenait une représentation de son spectacle Gentlemen Prefer Billy suite au festival, le 18 octobre.

La prestation de danse swing, bien qu'intéressante, faisait contraste et aurait mieux eu sa place avant le bal de fin de soirée. Ce dernier n’a d’ailleurs pas su attirer les foules, possiblement en raison du départ rapide de certains spectateurs et spectatrices. Il est aussi déplorable que l’éclairage n’ait pas été ajusté à la baisse sur la piste de danse, celui-ci permettant bien de voir à quel point la salle était vide, de même que les nombreux détritus, synonymes d’une soirée qui tire à sa fin.

Burlesque et sexualité

Le festival s’inscrit dans la tradition de la ville Montréal, celle-ci ayant longtemps été considérée la capitale canadienne du burlesque. La fondatrice du festival décrit le burlesque comme « l’art et le jeu de la séduction grâce à l’humour ». Le genre se différencie du striptease de plusieurs façons et cela se reflète bien dans le public assistant à ces spectacles, composé en majorité de femmes.

D’une part, le nu n’est pas toléré dans les spectacles burlesques, mais le contraste tient plutôt dans la façon dont la quasi-nudité est abordée, notamment sous le thème de l’humour, plutôt que celui de la sexualité. Toujours selon Scarlett James, « le numéro burlesque est plus comme une mini pièce de théâtre avec du chant, de la danse, de l’effeuillage, de l’improvisation et surtout de l’interaction avec le public. »

Le burlesque se différencie aussi des standards de beauté de la société et offre tant aux artistes qu’au public de reprendre confiance en leur corps. Le festival s’est d’ailleurs associé, cette année, à l’organisme Anorexie et boulimie Québec, lequel a pour mission de venir en aide aux gens touchés par un trouble alimentaire.

Cependant, comme la plupart des sujets touchant le corps de la femme, le burlesque ne fait pas l’unanimité. Malgré ses intentions, le burlesque demeure victime de plusieurs normes sociales et ne parvient pas à les remettre fondamentalement en question. Si pour plusieurs femmes le burlesque offre un moyen de mieux accepter leur corps, pour d’autres, il s’agit uniquement d’un moyen de l’utiliser afin de subsister à leurs besoins.

Scarlett James lors du spectacle de clôture de la cinquième édition du Festival Burlesque de Montréal - Photo par Timothy Neesam