L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Un Coup d’épée dans l’eau

Septembre 2015 » Vie étudiante » Par Félix-Antoine Tremblay, étudiant de génie de la construction, directeur de L’Heuristique

Dans la dernière édition de L’Heuristique, on annonçait la mise en marche imminente du Comité de développement de la vie universitaire (CDVU), dont le but est d’attribuer les surplus accumulés par l’Association. C’est maintenant chose faite, la première réunion a eu lieu le 5 août dernier afin de tenir ses élections.

Le processus d’élection du comité est le même que lors des assemblées de l’AÉÉTS. Toutefois, les deux premiers postes sont comblés par le président, Stéphane Jenkins, et le vice-président des finances, Mathieu Drolet. Ceux-ci occupent respectivement les postes de directeur et de trésorier du comité. Les deux postes suivants, des postes de conseiller(e)s, sont nommés par les deux premiers membres du comité. Les nommé(e)s ont été Fadjiah J. Collin-Mazile, directrice du comité de Débat piranha; et Mathieu Dupuis, vice-président des services sortant.

Une fois l’atteinte du quorum d’assemblée, lequel est de quatre membres, les véritables élections peuvent débuter. Celles-ci visent les trois derniers postes de conseiller(e)s, le dernier étant par ailleurs le seul à pouvoir être comblé par un administrateur ou une administratrice de l’Association. Cette mesure a pour but d’éviter que la majorité des postes du comité soit occupée par des membres du conseil d’administration (CA).

Les trois élus lors de cette assemblée ont été Reda Ghandour, vice-président des affaires académiques sortant et adjoint de la vice-présidente des services; Marc-Antoine Pommerleau, adjoint du vice-président des finances; ainsi que Marc-André Larin, représentant par programme de génie électrique. À l’exception de madame Collin-Mazile, le comité est donc formé exclusivement de membres du CA et de leurs adjoints, ce qui assurera un contrôle maximal de la part du CA sur les décisions du comité.

Un comité rendu inutile

Lors de la création de ce comité, sa structure avait pour but d’éviter l’influence du CA sur les décisions du comité. En effet, les intérêts du CA, en tant qu’entité, sont souvent divergents de ceux de membres de l’Association. Par exemple, dans le cadre des rénovations du siège social, le CA aurait tout intérêt à investir un montant maximal alors que les membres n’y verraient qu’un impact limité.

Le comité a pour mandat de produire des projets allant dans l’intérêt des membres et ces projets doivent ensuite être approuvés par le CA, ainsi que par l’assemblée générale (AG) à partir d’un certain montant. Dans la situation décrite ci-dessus et considérant la composition du comité, celui-ci aura intérêt à produire un projet aussi généreux que possible, lequel sera probablement ratifié sans heurts par le CA. Heureusement, dans le cadre de cet exemple, le montant élevé du projet nécessiterait l’approbation de l’AG, ce qui devrait tout de même protéger l’Association.

En plus des risques de conflit d’intérêts, il faut également questionner la qualité des candidat(e)s sélectionné(e)s. En effet, la majorité des surplus de l’Association ont été accumulés sous la gestion de Mathieu Drolet. Ensuite, la quasi-totalité des projets concernant le Resto-pub et le Dépanneur ont été abandonnés sous la vice-présidence de Mathieu Dupuis. Ces projets ont été relancés depuis l’arrivée de Marie-France Paré, vice-présidente des services entrante, mais nécessiteront l’appui financier du CDVU. Quant à eux, Marc-Antoine Pommeleau et Marc-André Larin sont des candidats inexpérimentés, bien que leur motivation ne fasse aucun doute. Finalement, malgré que Fadjiah J. Collin-Mazile ait su montrer une excellente capacité d’analyse dans ses joutes oratoires, au moment d’écrire ces lignes, des rumeurs concernant sa démission planaient. Ces rumeurs ont toutefois été démenties par madame Collin-Mazile.

Advenant une telle démission, Marc-André Larin perdrait son poste de conseiller, puisqu’il est également administrateur. Cette situation signifie que deux des sept postes du comité seraient à nouveau vacants. Cela mènerait donc à de nouvelles élections. De plus, le directeur du comité s’est engagé à user des procédures de blâme, de suspension et de révocation contre les membres improductifs et contreproductifs au sein du comité.

Il est impératif que le CDVU puisse se constituer de candidat(e)s motivé(e)s et expérimenté(e)s en gestion de projets, lesquel(le)s n’ont pas de proximité avec l’Association, car la composition actuelle du comité ne laisse pas croire que son existence sera profitable. Cette situation est déplorable considérant l’importance d’attribuer les surplus de l’Association, tant pour l’AÉÉTS que pour ses membres.