L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

John Wick : pour l’amour d’un chien

Novembre 2014 » Culture » Par Félix Cloutier, étudiant de génie logiciel, rédacteur en chef de L’Heuristique

Image pour John Wick : pour l’amour d’un chien
 
John Wick à l’assaut d’un club de nuit.
Photo ditribuée pour utilisation médiatique.

La niche des films d’assassins est déjà remplie de classiques. The Professional, Pulp Fiction, Kill Bill, Bourne, No Country For Old Men, Lucky Number Slevin, Taken et d’innombrables autres films font état de tueurs aux différentes motivations et états d’âme variés. Alors que le genre a été vu et revu, fait et refait, pourquoi devrait-on se déplacer pour voir John Wick?

On ne se le cachera pas : on ne sort pas transformé de la salle de cinéma. Ce n’est pas pour l’évolution psychologique des personnages, pour une morale saisissante ou pour une histoire unique que John Wick se démarque. Le personnage principal éponyme, interprété par Keanu Reeves, traverse une série d’épreuves qui, en soi, n’ont rien de particulièrement surprenantes.

Ce qui impressionne, c’est la détermination sans faille du tueur, l’incroyable fluidité des scènes d’action et l’univers si bien ancré. Ce film sait exactement ce qu’il est, sait exactement ce qu’il veut devenir, ne prend aucun détour et n’a aucune autre prétention. Il n’y a pas de jolie demoiselle à sauver. Il n’y a pas d’ambiguïté morale. Il n’y a pas de moment de faiblesse. Vous voulez voir un film d’action? Vous allez voir un film d’action. On dit qu’il y a deux catégories de tueurs : ceux qui sont humains et presque aimables (Pulp Fiction, The Professional) et ceux qui sont des machines à tuer inarrêtables (comme Terminator). Indéniablement, John Wick est une machine à tuer inarrêtable. Le film fait presque penser à un speed run d’un jeu de tir complété par un joueur un peu trop bon, et c’est complètement enlevant.

Au début du film, John Wick pleure la mort de sa femme. Sachant sa fin proche, celle-ci fait en sorte qu’il reçoive un chiot à son décès pour l’aider à passer au travers du deuil. Lorsqu’Iosef (le fils d’un chef de mafia russe) et ses amis volent la voiture de Wick et tuent l’adorable toutou, John Wick fait comprendre qu’il ne se calmera pas avant de tous les tuer.

Ce que l’idiot d’Iosef (interprété par Alfie Allen, dans un rôle si facilement associable à celui de Theon Greyjoy) est la seule personne à ne pas savoir et ne tardera pas à apprendre, c’est que John Wick est le plus dangereux des tueurs à gages.

Les scènes d’action, toutes filmées sur trépied et sans tremblement, sont extrêmement claires et impeccablement chorégraphiées. On voit Keanu Reeves déchaîner son gun-fu sur ses adversaires au travers d’un club de nuit, d’un hôtel, d’une église. Et quand il tire, c’est systématiquement à la tête. On ne se demande pas si la victime est morte. John Wick a tiré? Elle est morte. Imaginez si Hansel et Gretel laissaient des cadavres sur leur chemin au lieu de miettes de pain.

On découvre également, dans le film, toute une industrie de tueurs à gages et de services pour les assister. Des entreprises de nettoyage de scènes de crime, de chauffeurs, de médecins et d’hôtellerie, leur propre monnaie et leurs propres règles sont mentionnées et utilisées pour créer un univers particulièrement bien ancré par la direction solide du film.

On notera également l’attention toute particulière, et rarement donnée, aux balles dans les fusils. John Wick recharge, et John Wick manque de balles, après avoir tiré le bon nombre de coups.

Au final, c’est donc un très honnête film d’action qui nous a été livré. Les fans du genre y trouveront certainement leur compte, et quelques moins-fans du genre pourraient s’y intéresser aussi. Tout le monde me demande si Keanu Reeves est de retour. Je pense que oui.